A propos du péage du pont ( 2ème partie)

Celles et ceux pour qui le péage sera obligatoire

Pour les touristes qui ne veulent pas payer, il y aura toujours la possibilité de ne pas venir sur l’île. Selon les estimations autorisées, cela représenterait une baisse de 6% à 10% voir 30% dans certaine étude. Ce n’est pas le cas de tous ceux qui franchissent le pont au quotidien. Prenons un peu de temps pour réfléchir à ceux qui vont devoir payer, parce que c’est obligatoire : celles et ceux qui habitent sur le continent, mais qui, pour travailler, doivent se rendre chaque jour, parfois plusieurs fois, sur l’île. Les représentants des secteurs économiques insulaires ont soulevé cet aspect de notre vie quotidienne au moment de l’étude d’impact. À la différence des touristes, il n’y aura pas de choix, il faudra payer. Abonnement, forfait, à la charge du salarié, de l’entreprise, peu importe : il s’agit d’une charge supplémentaire aux conséquences non négligeables. Cette nouvelle charge sera tout naturellement reportée sur le pouvoir d’achat dans une zone où les salaires sont naturellement peu élevés ou bien sur le fonctionnement de l’entreprise dans un contexte difficile, au détriment du développement d’un l’emploi de qualité, par exemple. Celles et ceux qui doivent franchir le pont pour venir travailler sur Oléron, constitueront une recette sûre. C’est du pur cynisme. Cette taxe sur le droit au travail sera une garantie en quelque sorte, la seule qui soit aujourd’hui évaluable au plus juste si on veut bien s’en donner la peine.

Dans un contexte déjà compliqué, nos élus ne manquent pas de courage et la cohérence ne les étouffe pas. Depuis plusieurs années, des efforts importants sont consentis pour que le secteur économique insulaire se modernise, se développe. La qualité des projets locaux draine des aides publiques extérieures importantes. D’un autre côté, les mêmes élus projettent de taxer les entreprises qui vont payer plus cher leurs livraisons et les employés contraints de résider sur le continent. Drôle de façon d’envisager le développement. Des entrepreneurs insulaires, convaincus que « les carottes sont cuites », il va falloir faire avec le péage, réfléchissent à des formules qui pourraient leur permettre de diminuer au maximum les surcoûts, par exemple en organisant leurs livraisons sur le continent.

Celles et ceux pour qui ce sera gratuit

Dès le départ, il a été convenu que pour les insulaires, ce serait gratuit. La carotte ne s’arrête pas là. Parce que dans un avenir proche, la CDC devra augmenter nos impôts de 50%, de 40% de 30% (on ne sait pas très bien en fin de compte) pour faire face à ses nouvelles compétences non compensées par l’État, pour préserver notre environnement, pour lutter contre les agressions, les dégradations, pour protéger, pour valoriser. Si ce péage existe, cette augmentation des impôts ne sera pas nécessaire. On sait aujourd’hui qu’il s’agit d’un leurre, d’une grosse arnaque. Les sommes provenant du péage sont strictement affectées et ne compenseront rien des baisses de dotations, de crédits. Donc nos impôts continueront d’augmenter. Donc, pas d’effet péage sur les impôts ! D’ailleurs, l’actualité est précieuse. Nos voisins les rhétais imaginaient échapper à la nouvelle taxe GEMAPI (Gestion des Milieux Aquatiques et Prévention des Inondations) destinée à la défense des littoraux parce qu’ils pourraient puiser dans les recettes du droit de passage. Et bien non, ce n’est pas possible. Ils devront payer cette nouvelle taxe plafonnée à 40€ par habitants. De cela on ne nous parle pas sur notre île.

Restent les passages gratuits pour les insulaires. C’est sans doute la seule chose qui ait des chances d’être maintenue. Mais la gratuité n’aurait-elle pas un prix induit, par hasard ? Nous sommes nombreux à affirmer parce que c’est sûr, que la gratuité des passages entraînera l’augmentation du coût de la vie. Ne serait-ce parce que ceux qui livrent nos biens de consommation paieront les passages et que ces coûts supplémentaires seront répercutés sur les prix de nos achats. Les participants à l’étude d’impact l’ont affirmé haut et fort lors des consultations. Aucune marchandise, aucun secteur de notre vie économique n’y échappera !

Donc, nous insulaires paierons indirectement, par conséquences. Il n’est pas déplacé de dire qu’à la différence des tarifs de péage, il n’y aura pas, pour le beurre par exemple, de prix très haute, haute, moyenne ou basse saison. Nous paierons très cher cette gratuité, mais à dose homéopathique et pas aux mêmes percepteurs : à nos commerçants pour rembourser le surcoût engendré par le péage et à l’État par l’augmentation de la part TVA sur le prix de revient de nos achats. Ce sera sans doute suffisant pour encourager encore plus de gens à aller faire leurs courses sur le continent. Pourra-t-on leur reprocher d’amplifier la précarisation sociale et économique et d’être de mauvais insulaires ? Ou bien nos élus sont-ils prêts à assumer jusqu’au bout le contexte qu’ils auront eux seuls et eux seulement engendré en mettant en place ce péage ?

À propos de ce péage, à prix identique, est-ce la même chose selon qu’on paie côté continent ou en entrant sur l’île ? Dans un cas c’est le pont qui est payant, dans l’autre, c’est l’entrée sur l’île qui est payante : ça n’a pas la même signification et ça change tout !

Existe-t-il d’autres solutions ?

On peut observer la concurrence qui se met en place entre les communes et la CDCIO. À chacun ses péages selon ses compétences. À la CDCIO le péage du pont, la taxe de séjour, aux communes les parkings, les stationnements payants. La liberté pour les communes de fixer les coûts du stationnement et des amendes. L’automobiliste est un nanti, il est taxable à merci quand il n’est pas un pestiféré à cause des soucis qu’il cause pour l’environnement.

En son temps, sur le dispositif PAPI (Plan d’Aménagement et Prévention des Inondations), Patrick Moquay alors président de la CDCIO avait mouillé sa chemise, n’avait pas ménagé ses efforts, pour que les critères soient améliorés et que le dispositif prenne en compte notamment les dunes. La plupart des grands projets que nous connaissons aujourd’hui ont été conçus à cette époque.

A propos du péage du pont ( 1ère partie)

Depuis le printemps dernier, l’institution d’un droit de péage ne relève plus que d’une seule décision politique (celle du conseil départemental). Pour l’aide à la décision, les Conseillers Départementaux disposeront, entre autre, d’une étude commandée par le Conseil Départemental à propos de l’impact de la mise en œuvre d’un péage. L’opportunité d’un avis des citoyens, même si le résultat n’était que consultatif, a été écartée. L’AGPIO poursuit son action en mettant tout en œuvre pour convaincre chaque élu départemental des effets principalement nocifs de ce péage pour notre vie insulaire et pas seulement. Car notre rayonnement départemental, régional, national, international constitue une réalité fragile mais importante.

Des résultats de cette étude d’impact, nous ne savons pas grand-chose. Un point d’étape public a été fait au printemps. Il relatait les remarques positives et négatives des forces économiques locales. Celles-ci confortaient les résultats de l’étude menée, contre vents et marées, par la commune de Dolus. Cette initiative courageuse avait pourtant été condamnée purement et simplement, avec mépris, par le président de la CDCIO. Au printemps début de l’été, des questionnaires d’enquête ont été envoyés dans divers établissements commerciaux et des associations. De tout cela, on ne connait aucun résultat. Pas consultés, pas informés. Des élus locaux qui ont peur de la contradiction.

Le péage, ça rapportera combien ?

Ce qui peut faire croire que l’institution d’un péage est acquise, ce sont les informations qui circulent dans les média principalement. Elles concernent ce que « ça rapportera » globalement, comment le montant du droit se partagera et bien sûr les tarifs. Les débats sur les tarifs, ce qu’on nous en relate, laissent croire que l’important, c’est de convaincre que le péage n’est, en réalité, qu’une banalité, mais indispensable. On « compte les œufs dans le cul de la poule », comme on dit. Si on sait qui devra s’acquitter de ce droit de péage, on sait au dire du président de la communauté de communes et des journaux, que les tarifs seront de 10, 5 et 2€ respectivement haute, basse et très basse saison.

Le chiffre d’affaires de 6 millions d’euro semble constant quelque soient les tarifs, c’est en tout cas celui qui revient le plus souvent. À l’issue du partage de la manne en 3 parties, il pourrait rester 2 millions pour l’île d’Oléron, 1/3 des euro mobilisés. Ce qui reviendra à l’île d’Oléron, en propre, c’est ce qui restera quand le Conseil Départemental aura retiré les frais fixes qui sont explicités dans les média et dans la loi. Comme leur nom l’indique, ils seront fixes et incontournables, quel que soient le nombre et la qualité des passages. Au Conseil Départemental ça ne coûtera rien de toute façon.

Le débat sur les tarifs n’est-il pas un leurre, une nouvelle arnaque. L’objectif est de faire croire qu’on a le soucis de créer un nouvel équilibre au sein duquel les intérêts de tous et de chacun(e) seraient valorisés, où chacun(e) pourrait y retrouver ces petits. Et mon œil ! La réalité est toute autre. Le plus important aujourd’hui est d’établir un péage sous le couvert de tarifs modérés, acceptables par tous touristes comme insulaires ou résidents secondaires. Quitte à ce que dans l’immédiat Oléron ne gagne rien ou si peu. Le péage établi et admis bon gré mal gré, sans possibilité légale de faire machine arrière (comme cela a été souligné dès le départ), il sera toujours temps d’ajuster les tarifs, moins à l’initiative du Conseil Départemental qu’à la demande insistante des édiles insulaires pour qui les recettes seront insuffisantes. Cela pourrait ne pas attendre d’éventuelles protestations des usagers au sujet des différences de tarifs entre les îles.

Rappelons simplement que le SCOT (Schéma de Cohérence Territorial) avait estimé qu’en dessous de 12€ l’opération n’était pas viable. Mais le SCOT envisageait le partage de la cagnotte issue du péage avec notre partenaire du Pays Marennes Île d’Oléron. Les élus oléronnais veulent que nous cassions cette dimension de Pays pour n’avoir pas à partager le magot, entre autre. Il est vrai que nos « encore » partenaires du Bassin de Marennes sont contre le péage : ils doivent avoir une autre vision du développement, moins punitive.

à suivre…

Durant cet été 2017

Le 23 juin, la municipalité et le Pédal club signaient un avenant n°2 au protocole du 9 octobre 2006. Cet avenant prévoit la création d’un Bike park et d’une piste BMX. Dans l’intérêt général de nos concitoyens, nous souhaitions vivement que la municipalité propose au Pédal Club une solution honorable, adaptée aux pratiques sportives actuelles, mais conforme aux capacités financières de la commune. Nous ne pouvons que nous satisfaire de la teneur de cet avenant, puisqu’il correspond aux solutions que notre liste avait envisagées et proposées à la place de la construction d’un vélodrome.

Rappelons que lors de l’élection de la liste de Patrick Moquay en 2008, l’endettement s’élevait à 11 millions d’euros, alors que les services de l’État, inquiets de la situation financière de la commune (inscrite au réseau d’alerte des finances publiques depuis 1999), avaient expressément enjoint les élus de cesser tout nouvel investissement et de réduire le niveau d’endettement. C’est pourquoi il avait été demandé au Pédal Club d’attendre que la commune reconstitue sa capacité de financement pour pouvoir engager la construction d’un équipement.

Par ailleurs, le conseil municipal du 27 juillet s’est prononcé sur la révision par l’Etat du plan de prévention des risques naturels (PPRN) de Saint-Pierre d’Oléron. Le conseil a rendu un avis défavorable sur ce document, qui définit un zonage (sous forme de carte) et son règlement, en prenant en compte 3 phénomènes : le recul du trait de côte, la submersion marine et les incendies de forêts. Nous avons rappelé en la parole de Patrick Moquay que nous approuvions le contenu du PPRN pour l’essentiel, mais qu’il restait des points de désaccords avec l’État. Nous vous encourageons à participer à l’enquête publique qui aura lieu du 25 septembre au 3 novembre en mairie.

Cet automne, la municipalité devra travailler sur le nouveau régime indemnitaire des employés de la mairie. Nous serons attentifs sur les méthodes mises en place et sur le travail fait en concertation avec les agents et leurs représentants. La commune demeure un maillon essentiel de proximité auquel les français restent fortement attachés. Nous veillerons à sa défense dans les mois qui viennent, sur les plans de ses moyens humains comme financiers.

Ensemble pour Saint-Pierre d’Oléron

www.ensemble-oleron.org