A propos du Port…

Vous avez été un certain nombre à nous interpeller suite à la parution d’un article dans un journal local consacré aux critiques émises par des professionnels sur l’extension du port de La Cotinière.

Pour rappel historique, en 1978, l’État a concédé la gestion du port à la commune de Saint-Pierre pour 30 ans. En 1983, le département de la Charente Maritime s’est vu transférer la gestion et par la suite, il est devenu propriétaire de l’ensemble des installations portuaires de La Cotinière.

Au début du mandat précédent, trois enjeux se posaient à la commune : le renouvellement de la concession portuaire (qui s’arrêtait fin 2008) ; l’obtention de l’agrément sanitaire européen pour la criée ; le lancement de l’extension du port et de la construction de la nouvelle criée. Sur ces trois enjeux les objectifs ont été atteints. La concession a été prolongée jusqu’à fin 2018, l’agrément sanitaire a été obtenu en 2010 et le projet d’extension du port a été approuvé par le conseil départemental la même année.

Début 2013, le conseil départemental a décidé le lancement d’un partenariat public privé pour cette extension. A l’époque, notre municipalité était déjà très réticente quant à ce montage juridique et financier. Pour autant, nous ne souhaitions pas bloquer ce grand projet fédérateur, jugé indispensable au développement du port. Attitude dont nous n’avons jamais varié, le nouveau maire nous assurant que les acteurs du port étaient étroitement associés au projet « dans une démarche coopérative ». Lors du conseil municipal du 6 septembre 2016, devant Mme Rabelle et M. Parent conseillers départementaux venus nous présenter le schéma de restructuration du port, je réitérais cependant mes craintes :« j’invite le conseil départemental à s’entourer de tous les conseils juridiques possibles car les groupes privés ne sont pas des philanthropes et eux disposent d’armada de juristes pour rédiger des contrats ».

Les reproches récemment exprimés par des professionnels laissent penser que l’entreprise en charge de la conception et de la réalisation du nouveau port privilégie ses intérêts à la juste prise en compte des besoins des pêcheurs et mareyeurs. Nous regrettons que l’ensemble des professionnels n’aient pas été autant associés et écoutés que ce qui nous avait été dit. Nous espérons que les aménagements incriminés seront revus, afin que la communauté portuaire puisse disposer d’un outils pleinement adapté, à la satisfaction de tous.

 

Patrick Moquay

Dans La Lanterne du 3éme trimestre 2017, la municipalité actuelle réitère ses accusations en affirmant que nous avons contracté en 2008 un nouvel emprunt dit toxique à hauteur de 4 258 000€. Elle se targue même d’avoir réglé un contentieux à ce sujet. Qu’en est-il en réalité ?

Lors de notre élection en mars 2008, nous avons découvert l’endettement considérable de la commune. Durant l’été, cherchant à desserrer l’étau financier qui pesait sur elle, nous avons renégocié simplement les taux et la durée de l’emprunt principal, contracté par l’ancienne municipalité, en y intégrant deux autres emprunts plus modestes. Ce « nouvel emprunt » n’était que la renégociation d’un emprunt existant, sans en modifier la formule de calcul. La responsabilité d’un éventuel emprunt toxique est donc à rechercher envers ceux qui avaient négocié l’emprunt d’origine.

En réalité, cet emprunt n’a jamais posé aucun problème, bien que dans certaines conditions des marchés financiers, les intérêts auraient pu augmenter fortement. C’est pourquoi, contrairement à ce qui est écrit dans La Lanterne, nous avions nous-mêmes entamé en septembre 2013 la négociation avec la société de financement, afin de passer à des taux fixes. Cette négociation a été clôturée par la municipalité actuelle en juin 2016.

Pour remettre cette basse polémique en perspective, nous allons nous livrer à un rappel historique, dont les éléments, nous l’espérons, éclaireront les administrés, ainsi que les nouveaux élus de cette mandature.

Début 2008, la dette de la commune était de 11 000 000 € soit 1700 € par habitant alors que la moyenne nationale était de 800 € ! De plus, 72 % de cette lourde dette était à taux variable. Cette même année, la charge supplémentaire de remboursement due à ces taux variables fut de 34 600 €.

 

La capacité d’autofinancement (différence entre recettes et dépenses) n’était que de 118 000 €, alors que le paiement des annuités de la dette s’élevait à 917 000€… Une partie de cette dette était détenue par la banque Dexia, sous la forme de prêts contractés dans le courant des années 2000 et renégociés en 2004 et 2005 par la précédente municipalité.

 

Lors du conseil du 23 octobre 2008, à la lecture des éléments budgétaires détaillés fournis par Patrick Moquay, Jean-Yves Livenais apporte une explication, en quelque sorte, sur le choix de l’équipe de Jean-Paul Peyry en indiquant : « Pour les taux variables, il y a une dizaine d’année, toutes les collectivités pratiquaient les taux variables, très bas à l’époque ». Christophe Sueur, maire adjoint sous la précédente municipalité, précise quant à lui : « C’est Mlle Frougier qui était adjointe aux finances ; après sa démission, c’est Monsieur Peyry qui a pris la charge des finances ».

Ajoutant à la difficulté, l’ancienne équipe avait engagé, et parfois fini, une série de travaux, pour un total de 6 189 314 €, avec un manque de financement de 2 025 535 € : cinéma Eldorado, électrification, bassin de Bonnemie, stade… A cela s’ajoutait la médiathèque, construite mais non payée : la première traite tombait fin mars 2008 ! Juste après les élections ! C’est cette situation que nous nous sommes attachés à redresser, avec succès.

En mars 2014, l’endettement de la commune était descendu à 1300€ par habitant. Certes, comme nous le faisait remarquer Jean-Yves Livenais lors du vote du budget 2014, « l’encours de la dette baisse mécaniquement d’année en année, c’est un constat de bon sens, ce n’est pas un exploit ! ». Que n’avait-il prodigué quelques années plus tôt ses bons conseils à ses amis qui accumulaient les dépenses et emprunts, suscitant l’inquiétude des services de l’Etat ? Pour notre part, nous avons au moins eu la sagesse de réduire le train de vie de la commune, sans aggraver sa dette.

 

Résultat de notre gestion financière : la commune est sortie du réseau d’alerte des finances publiques dès 2009, alors qu’elle y était inscrite chaque année depuis 1999. Une lettre de la préfecture et de la direction départementale des finances publiques a salué nos efforts. Là encore, Jean-Yves Livenais commentait : « Lorsqu’une commune est placée dans ce cadre [le réseau d’alerte], la préfecture justifie heureusement sa décision par des ratios d’alerte qu’elle explique. Le moins aurait été d’en informer votre conseil municipal et de fournir le document, ce qui n’a jamais été fait. ». Mais là encore, à qui s’adresse ce reproche, sinon à l’équipe municipale, à laquelle appartenait Christophe Sueur, qui a fait entrer la commune dans ce réseau d’alerte et n’a pas jugé bon, de 1999 à 2008 d’en informer ni le conseil municipal ni les citoyens-contribuables ?

 

 

Ensemble pour Saint-Pierre d’Oléron

Remettons les pendules à l’heure

Dans un récent article du Littoral, à propos de la nouvelle fermeture de classe à Saint-Pierre d’Oléron, Monsieur le maire, Christophe Sueur affirme : « En six ans, ceux qui étaient avant moi à la mairie n’ont rien fait. Moi, j’ai décidé de prendre le projet à bras le corps et cela passe par une nouvelle impulsion économique ».
Peu adepte des formules à l’emporte-pièce, je propose que l’on s’en tienne aux faits :
Lors de la précédente mandature, Patrick Moquay, président de la communauté de communes de l’île d’Oléron a tenu à la création du service communautaire de développement économique, chargé d’accompagner les projets de création ou de développement d’entreprises, de soutenir les activités primaires et de coordonner les actions en faveur du centre bourg.
On peut citer, pour exemple, le lancement du programme de rénovation de l’habitat. Une de ses principales actions a été la lutte contre les logements insalubres, avec l’établissement d’une prime d’amélioration de l’efficacité énergétique par l’isolation et à l’installation de systèmes de chauffages performants. Toutes ces incitations ont permis aux artisans locaux de trouver de nouveaux débouchés.
En faveur du monde agricole, la communauté de communes a mis en œuvre une politique de protection du foncier agricole et a accompagné des projets d’installation de jeunes agriculteurs et de sauniers, par la vente ou la location de terrains communaux.
Ces actions ont été déclinées en parallèle sur notre commune. Dés janvier 2010, avec l’aide du personnel du service scolaire, de la cantine et des agriculteurs locaux, en tant qu’adjointe aux affaires scolaires, j’ai pu mettre en place la gestion directe de l’approvisionnement de la cantine des écoles et introduire des produits locaux et biologiques dans les menus. Ce travail a permis d’offrir un nouveau marché local et de créer une dynamique dont tout le monde se loue aujourd’hui. Dans le même esprit, nous nous sommes tournés vers les artisans boulangers ouverts à l’année sur la commune pour nous fournir en pain. A la récréation du matin, la collectivité a proposé aux enfants des écoles, des fruits et jus de fruits (raisin et de pommes) issus de l’agriculture insulaire.
Dans la même optique, nous avons négocié avec un pressing de la commune, un marché de nettoyage des vêtements du personnel des écoles. De même, un marché de proximité a été passé pour l’approvisionnement en fioul et combustibles.
De plus, nous nous sommes attachés à achever la zone artisanale du Perrotin et à en démarrer la commercialisation.
Il faut souligner qu’un certain nombre de ces actions de soutien à l’économie locale a été abandonné par l’actuelle municipalité. En revanche, huit ans après la mise en place de l’approvisionnement en circuits courts de la cantine scolaire, l’actuelle municipalité continue a en récolter les fruits.
Que faut-il donc entendre par « prendre le problème à bras le corps… » et « les autres n’ont rien fait… » ?
Pour compléter sur le registre scolaire, nous ne pouvons qu’être désappointés par le manque de combativité du maire pour défendre les écoles publiques de sa commune. Cette année, encore, nous subirons une fermeture supplémentaire de classe !
Face à la menace de fermeture de classes sur notre commune et sur l’ensemble de l’île, j’ai été à l’instigation de la création du collectif de défense de l’école sur Oléron. Lequel s’est opposé entre autres, à la suppression du réseau d’aide aux enfants en difficultés (RASED), à la fermeture de la classe spécialisée (SEGPA) du collège du Pertuis d’Antioche de Saint-Pierre d’Oléron.
Là encore, il faudra que le maire nous dise ce qu’il entend par « prendre le problème à bras le corps » ? Certes, on peut nous reprocher de ne pas avoir assez communiqué sur notre travail dans la presse ou ailleurs, mais que l’on ne vienne pas nous dire que l’on a pas agi !
Force est de constater que sur ce plan, on pourrait reprendre ce proverbe : « Les gens qui en font le moins sont ordinairement ceux qui parlent le plus ». Citation de Hypolite de Livry (1808)

Marie-Claude Sellier Marlin