A propos du péage du pont ( 1ère partie)

Depuis le printemps dernier, l’institution d’un droit de péage ne relève plus que d’une seule décision politique (celle du conseil départemental). Pour l’aide à la décision, les Conseillers Départementaux disposeront, entre autre, d’une étude commandée par le Conseil Départemental à propos de l’impact de la mise en œuvre d’un péage. L’opportunité d’un avis des citoyens, même si le résultat n’était que consultatif, a été écartée. L’AGPIO poursuit son action en mettant tout en œuvre pour convaincre chaque élu départemental des effets principalement nocifs de ce péage pour notre vie insulaire et pas seulement. Car notre rayonnement départemental, régional, national, international constitue une réalité fragile mais importante.

Des résultats de cette étude d’impact, nous ne savons pas grand-chose. Un point d’étape public a été fait au printemps. Il relatait les remarques positives et négatives des forces économiques locales. Celles-ci confortaient les résultats de l’étude menée, contre vents et marées, par la commune de Dolus. Cette initiative courageuse avait pourtant été condamnée purement et simplement, avec mépris, par le président de la CDCIO. Au printemps début de l’été, des questionnaires d’enquête ont été envoyés dans divers établissements commerciaux et des associations. De tout cela, on ne connait aucun résultat. Pas consultés, pas informés. Des élus locaux qui ont peur de la contradiction.

Le péage, ça rapportera combien ?

Ce qui peut faire croire que l’institution d’un péage est acquise, ce sont les informations qui circulent dans les média principalement. Elles concernent ce que « ça rapportera » globalement, comment le montant du droit se partagera et bien sûr les tarifs. Les débats sur les tarifs, ce qu’on nous en relate, laissent croire que l’important, c’est de convaincre que le péage n’est, en réalité, qu’une banalité, mais indispensable. On « compte les œufs dans le cul de la poule », comme on dit. Si on sait qui devra s’acquitter de ce droit de péage, on sait au dire du président de la communauté de communes et des journaux, que les tarifs seront de 10, 5 et 2€ respectivement haute, basse et très basse saison.

Le chiffre d’affaires de 6 millions d’euro semble constant quelque soient les tarifs, c’est en tout cas celui qui revient le plus souvent. À l’issue du partage de la manne en 3 parties, il pourrait rester 2 millions pour l’île d’Oléron, 1/3 des euro mobilisés. Ce qui reviendra à l’île d’Oléron, en propre, c’est ce qui restera quand le Conseil Départemental aura retiré les frais fixes qui sont explicités dans les média et dans la loi. Comme leur nom l’indique, ils seront fixes et incontournables, quel que soient le nombre et la qualité des passages. Au Conseil Départemental ça ne coûtera rien de toute façon.

Le débat sur les tarifs n’est-il pas un leurre, une nouvelle arnaque. L’objectif est de faire croire qu’on a le soucis de créer un nouvel équilibre au sein duquel les intérêts de tous et de chacun(e) seraient valorisés, où chacun(e) pourrait y retrouver ces petits. Et mon œil ! La réalité est toute autre. Le plus important aujourd’hui est d’établir un péage sous le couvert de tarifs modérés, acceptables par tous touristes comme insulaires ou résidents secondaires. Quitte à ce que dans l’immédiat Oléron ne gagne rien ou si peu. Le péage établi et admis bon gré mal gré, sans possibilité légale de faire machine arrière (comme cela a été souligné dès le départ), il sera toujours temps d’ajuster les tarifs, moins à l’initiative du Conseil Départemental qu’à la demande insistante des édiles insulaires pour qui les recettes seront insuffisantes. Cela pourrait ne pas attendre d’éventuelles protestations des usagers au sujet des différences de tarifs entre les îles.

Rappelons simplement que le SCOT (Schéma de Cohérence Territorial) avait estimé qu’en dessous de 12€ l’opération n’était pas viable. Mais le SCOT envisageait le partage de la cagnotte issue du péage avec notre partenaire du Pays Marennes Île d’Oléron. Les élus oléronnais veulent que nous cassions cette dimension de Pays pour n’avoir pas à partager le magot, entre autre. Il est vrai que nos « encore » partenaires du Bassin de Marennes sont contre le péage : ils doivent avoir une autre vision du développement, moins punitive.

à suivre…