La lanterne n° 140

En mars dernier, le conseil municipal a voté le budget de la commune. C’est l’acte majeur de la vie de notre collectivité. Comme les années précédentes, ce budget est marqué par la baisse continue des dotations versées par l’état. Qui plus est, la baisse de ces dotations sera en définitive plus forte que ce qui était prévu dans le budget voté.

Dans ce contexte, certains des choix municipaux nous paraissent hasardeux et injustifiés. La construction d’une nouvelle salle sportive, dont le coût a quasiment doublé en un an, passant de 240 000 à 426 000 €, sans compter tous les coûts de fonctionnement qui en résulteront, nous paraît inopportune. De même, nous avons à nouveau exprimé nos réserves quant au coût du réaménagement de la place Gambetta, 2 400 000 €. Pour ces raisons, nous n’avons pas voté ce budget.

La baisse des dotations versées par l’Etat renvoie à un débat national. Nous nous alarmons de cette contrainte toujours plus forte imposée sur les collectivités. L’Etat devrait garantir aux collectivités à la fois un niveau de soutien suffisant et une forme de péréquation nationale. Du fait de ces baisses de dotations, les collectivités sont contraintes à des réductions de dépenses qui finiront par se traduire par une diminution des services à la population.

Déjà, notre commune a fait le choix de ne pas remplacer les départs à la retraite. Jusqu’où faudra-t-il aller ? Quels services faudra-t-il sacrifier à cette injonction étatique ? La commune de Saint-Pierre avait pour tradition d’utiliser ses possibilités de recrutement pour aider ponctuellement les personnes en difficultés (veuvage, handicap…). Qu’en sera-t-il demain ?

Par ailleurs, le souci d’économie se traduit par le choix de prestataires plus concurrentiels, entreprises de plus grosses tailles choisies en dehors de notre territoire. Ainsi, la baisse des dotations est répercutée sur le tissu économique local : les commandes aux entreprises locales diminuent, et certains marchés leur échappent totalement. C’est toute l’économie locale qui en souffre d’ores et déjà et qui risque d’en pâtir plus encore à l’avenir.

 

Texte de la Lanterne n°137 : Construction du vélodrome : Promesses non tenues !

L’affaire de la construction du vélodrome n’en finit pas de rebondir ! Avec la signature d’un protocole transactionnel entre la commune et l’association Pédal Club en juin 2014, suivi du plan de financement (1 200 000 €) voté en octobre 2014, tout semblait réglé, d’autant que la municipalité de Patrick Moquay avait provisionné durant sa mandature 575 700 € pour la dite construction. Or, lors du conseil du 28 juin dernier, le maire nous apprenait que la société choisie par la mairie pour l’assistance à maîtrise d’ouvrage n’avait plus d’architecte… et surtout « qu’après ouverture des plis l’enveloppe était de 3 470 000 € et non 1 200 000 € HT comme prévu ». Annonce qui a de quoi inquiéter pour les finances communales…
Rappelons que lors de l’élection de la liste de Patrick Moquay en 2008, l’endettement s’élevait à 11 millions d’euros, alors que les services de l’État, inquiets de la situation financière de la commune (inscrite au réseau d’alerte des finances publiques depuis 1999), avaient expressément enjoint les élus de cesser tout nouvel investissement et de réduire le niveau d’endettement. C’est pourquoi il avait été demandé au Pédal Club d’attendre que la commune reconstitue sa capacité de financement pour pouvoir engager la construction du nouvel équipement. Ce que le Pédal Club a refusé, lançant sans préavis des poursuites contre la commune pour la contraindre à construire le vélodrome.

Petit historique : L’origine de l’affaire remonte à une promesse non tenue par la municipalité de Jean-Paul Peyry à laquelle appartenait le maire actuel Christophe Sueur. C’est elle, en effet, qui a tout d’abord attaqué le Pédal club Oléronais en justice pour le déposséder de ses droits – sans succès. C’est elle, ensuite, qui a signé avec lui un protocole dans lequel elle s’engageait à construire un nouveau vélodrome avant le 31 décembre 2007 ! Force est de constater qu’à la date convenue, elle n’avait pas engagé la construction dudit vélodrome. Promesse non tenue ! Et pour cause, elle n’en avait pas les moyens : le produit de la vente de l’ancien stade-vélodrome ne suffisait pas à couvrir l’ensemble des travaux qu’elle avait lancés par ailleurs.
Certes, l’équipe de Patrick Moquay s’est interrogée sur l’opportunité de cet équipement. Mais elle a reconnu que la commune avait une dette à l’égard du Pédal Club, qui était la partie lésée dans l’affaire. Dans l’intérêt général de nos concitoyens, nous souhaitons vivement que la municipalité propose au Pédal Club une solution honorable, adaptée aux pratiques sportives actuelles, mais conforme aux capacités financières de la commune.
Ensemble pour Saint-Pierre d’Oléron

Texte de la Lanterne n° 135

Dans chaque commune de plus de 3500 habitants a lieu en conseil municipal un débat d’orientation budgétaire (DOB), qui précède le vote du budget communal. Ce moment privilégié de présentation des choix politiques de la majorité, à destination des élus et de la population, joue un rôle majeur en terme de démocratie locale.

Sur Saint-Pierre, il semblerait que le maire n’ait pas la même conception du rôle primordial du conseil municipal… Dans une frénésie de communication tout azimut, en fin d’année et au début du mois de janvier, il oublie que le préambule de l’exercice budgétaire n’a pas encore eu lieu ni à l’échelon communal, ni à l’échelon intercommunal.

Ainsi, on peut lire dans la presse et l’entendre égrener lors des cérémonies de vœux l’inventaire des dépenses (sommes à l’appui) de l’année 2016 pour la commune de Saint-Pierre comme pour sa vice-présidence à la communauté de communes de l’île d’Oléron.

En ce qui concerne notre commune, la note de synthèse du DOB, lors du conseil municipal du 2 février, aura mis en évidence à nouveau la bonne gestion sous l’ancienne mandature : réduction de la dette ; maîtrise des dépenses couplée à une amélioration des services rendus à la population ; hausse des recettes ; engagement dans une politique de développement durable reconnue et reprise sur certains points par la majorité actuelle… Pour le reste, tout semble « réchauffé ».

A quoi peut-il servir de débattre puisque tout a été entériné, annoncé, diffusé, comme si le vote avait déjà eu lieu ? « Les règles ont changé », nous avait-on dit en début de mandature. En effet, nous avions pu noter : une diminution du nombre de conseillers municipaux membres de chaque commission thématique ; une obligation de poser ses questions par écrit et à l’avance pour chaque conseil municipal ; des décisions du bureau municipal (réunion des adjoints et du maire) dorénavant tenues secrètes ; puis, une diminution du nombre des conseils municipaux et des commissions municipales dans l’année ; une nouveauté, les conventions engageant la commune ne passent plus en commission…

Le conseil municipal n’est désormais plus qu’une chambre d’enregistrement des décisions du maire !

La vie démocratique ne se résume pas à un simple exercice de communication. Elle demande un investissement soutenu en terme d’échange entre les différents partis. Dommage que le maire de Saint-Pierre, qui se destinait pourtant à un autre mandat électoral, ne l’ait pas compris !

Liste Ensemble pour Saint-Pierre d’Oléron